03.12.2008

Le ciel de nos mains

Tu pourras t’endormir et reprendre des deux mains le fil des souvenirs. Le recoudre sans fin dans l’espace qui s’étire.

J’ai pavé le chemin sur lequel tu avais autrefois glissé, sans que jamais mes bras ne puissent te rattraper.
Est-ce que tu te souviens, toi, du temps qu’on avait tissé, et des mots dans ma mémoire ?
Est-ce que sous tes paupières closes, dansent encore nos espoirs ?
Te souviens-tu des demains qu’on dessinait sur la plage de nos peaux, quand le soleil n’était plus là,

Et quand nos corps étaient…on ne savait plus trop…

Rappelle-toi cette ligne qui se traçait de travers, à travers la paume de nos mains,
Ce fleuve indélébile qu’on lisait sans cesse, sans fin.
Et ce chemin sans pavé qui se perdait dans le lointain
Plus loin peut-être que nos yeux ne l’auraient cru…
Et cette pluie qui se brisait sur nos cils,
Quand la vie nous disait qu’il n’y en aurait peut-être qu’une
Et qu’alors, au dessus de nous, la voûte se faisait arc-en-ciel.

On a couru, t’en rappelles-tu ? On l’a cherché le pied de ce ciel,
On n’a trouvé que des doutes et des rêves de noël.
La pluie tombait et la neige fondait.
Qu’importait…On avait des projets et nos poches sans tune
A nos doigts emmêlés poussaient toutes ces larmes de lune
Alors on s’en foutait des bagarres et des dunes,
On avait nos sentiers pour atteindre nos plages
Et nos regards pour créer nos mirages.

Et on avait ces rires encore, tu sais
Ces rires aux larmes, aux éclats,
Ceux de toujours, à jamais.
Mais ce « on » qui se dresse devant nos « je » qui s’inclinent
Marque ce « nous » en détresse face à ces fleurs assassines

Que pouvons-nous faire maintenant ?
Traquer les souvenirs, le temps ?
Moi, je m’en rappelle, tu sais, de nos rêves endiablés,
Et des nuages éternels qui traçaient nos visages dans le ciel.
Et toi, t’en souviens-tu ?

Il paraît qu’il y a un royaume tout là-haut
Avec des princesses, et des crapauds
Qui se transforment si l’on dit les bons mots
Tu y crois toi ? Dis-moi ? Tu y crois ?
Tu y crois à ce monde plus beau à ce monde où il fait plus chaud
A ce monde au milieu de nos bras
Enlacés, embrassés…

Dis-moi tu y crois encore
Aux châteaux en Espagne
Et ses vaisseaux aux voiles d’or
Dis-moi que tu y crois à cette mer d’huile
A ces vagues qui vaguent les flots de nos inutiles

Tu pourrais t’endormir, reprendre ma main, je ne dirais rien et tisser l’avenir,
L’embellir sans fin dans l’espace qui s’étire.

Commentaires

C'est beau la belle ce que tu écris là!

Ecrit par : Betty | 02.07.2009

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